Exercice pratique de maïeutique

Eh oui, en classe aujourd’hui j’ai mimé un accouchement avec une savonette … Ben oui, quand on appuie sur une savonette, elle est expulsée des mains, non ? Eh ben les contractions c’est un peu pareil ! Très très simpliste je sais, mais efficace !

J’ai aussi mimé le vagin qui s’élargit pour laisser passer le bébé avec un élastique à cheveux…

Il était donc question aujourd’hui du développement du bébé dans le ventre de sa maman avec un p’tit schéma où l’on voyait que chez une femme il y a 3 orifices !!! Grande révélation pour certain(e)s ! Mais nécessaire quand quelques uns me demandaient toujours vaguement inquiets si la maman ne risquait pas de « faire caca son bébé » !! Bon même après explications, ils voulaient toujours savoir si le gamin ne pouvait pas se tromper de chemin et sortir quand même par les fesses ! En tout cas vraie prise de conscience pour certaines filles qui se sont mises à narguer les garçons : « On est les championnes, on a plus de trous que vous !! »

Bon après quand un des gamins m’a demandé comment les spermatozoïdes font pour ne pas se tromper de trou j’ai été plus embêtée ! Heureusement, j’ai été sauvée par le gong, il était midi…

Mais ils sont revenus avec une avalanche de questions et ils ont abordé les fausses couches, l’allaitement, les jumeaux, les prématurés, la césarienne, les mariages gay, les trans-sexuels (y parait que dans une émission de télé réalité, un des participants voulait gagner pour se faire opérer), les siamois, la stérilité, le déni de grossesse, la banque de sperme… Ce fut épuisant pour moi de toujours trouver chercher laborieusement la meilleure façon de leur répondre, en en disant juste assez.

Vous trouvez peut-être que ces questions n’ont pas leur place à l’école ? Vous vous dites que j’aurais peut-être dû couper court à leurs questions ? … Et les laisser se débrouiller seuls avec ce qu’ils entendent à la télévision où cela leur est délivré de manière brute ? Et laisser la question uniquement aux parents qui pour certains leur mettent une baffe s’ils abordent le sujet de la sexualité ?

J’ai essayé de mettre des mots justes sur les choses, de les rassurer aussi, et de leur faire comprendre qu’à la télé on leur montre souvent le bizarre et l’exceptionnel, mais que ça se passe rarement comme ça dans la vraie vie…

Il y avait aussi des questions qui dépassaient largement mes compétences : Comment juste à partir d’un ovule et d’un spermatozoïde ça peut devenir un cerveau, des poumons ou des pieds ? (Je sais qu’il est question de cellules souches qui vont se spécialiser, mais à part ça …)

Le meilleur moment fut quand un garçon souleva discrètement son tee-shirt pour observer son nombril du coin de l’oeil : on venait de parler du cordon ombilical.

Fin du cours, une dernière question pour achever la maîtresse : Mais finalement comment le spermatozoïde il rencontre l’ovule ?

Je pensais pourtant avoir été claire (en parlant des mammifères en général …), mais avant que je ne réponde quoi que ce soit une p’tite gamine s’est retournée pour lui rétorquer : « T’as toujours pas compris ! Le monsieur il met son pénis dans le vagin de la dame » !

La semaine prochaine, suite et fin de la séquence : la puberté et quelques mots de prévention !

Après les vacances, séismes et volcanisme … Ça se tient, non ?

12 Commentaires

Classé dans Vie de classe

12 réponses à “Exercice pratique de maïeutique

  1. Bravo, tu fais vraiment du bon boulot.
    Pour moi, si c’est questions doivent avoir une place, c’est vraiment à l’école !

    Ça parait peut-être bête mais à mon avis, à la veille de leur adolescence, la façon dont on leurs répondra à ces questions aura une influence sur leur développement, et en leur en parlant comme tu le fais, de manière, clair, sans leur en dire trop, non plus, mais posément sans tabous, je pense que ça leur permettra d’aborder leur adolescence et leur future vie sexuelle, plus sereinement. ça peut être bon aussi pour les rapports filles/garçons au collège. A cette époque, les membres (sans jeux de mots) du sexe opposé c’est un peu la grande inconnu, l’interrogation number one. Une meilleure « connaissance » induit je pense plus de respect.

    Je sais pas ce qui l’en ai pour vous les filles mais pour un garçon au collège tout tourne autour de la découverte de la (de sa) sexualité. La sexualité c’est vraiment un monde que l’on vois différemment avant et après y avoir « touché ».

    Et puis si tu peux leur permettre d’avoir un temps soit peu de recul sur ce qu’ils verrons, ou qu’ils voient peut-être même déjà sur des sites de cul ça serait très bon pour eux.

    J’espère ne pas avoir été trop long.
    Bisous

  2. Bab

    Bravo ! quelle énergie ! c’est le genre de séances épuisantes mais très enrichissantes !
    Bonnes vacances dans 2 jours !😉 Attention Danger école !

  3. Félicitations !
    Je trouve ça fantastique qu’une maitresse ose aborder ce sujet… car oui, il faut du courage et suffisamment d’assurance pour affronter ces questions en sachant à peu près où l’on veut poser les limites des réponses.

    Je m’imagine gamine… chez nous, ces questions n’étaient abordées qu’en 5e (en biologie, pour l’aspect très théorique de la reproduction), et plus tard encore pour les questions tournant autour de la sexualité. Autant dire qu’avec des collégiens de 4e ou de 3e, c’est impossible d’en parler de manière relativement sereine. On veut pas écouter, pas comprendre, de toute façon les filles savent déjà tout ce dont elles on besoin ou presque et les garçons préfèrent en rire grassement.

    Des félicitations donc !

  4. C’est super ce que tu fais.
    Je le fais aussi chaque année et il n’est pas toujours facile de trouver les mots justes.

    A ce propos, j’ai entendu deux petits garçons qui se parlaient: »Tu sais, les femmes, elles ont une deuxième fesse! » Je n’ai pas pu entendre la suite…Dommage!

  5. Le premier comm : « si c’est questions doivent avoir une place, c’est vraiment à l’école »…
    Non ! car les parents en priorité doivent normalement aborder ce sujet.
    Mais comme ça n’est pas le cas général, l’école doit prendre le relai (ce qui n’est pas le cas général, non plus !)
    Pour revenir à ton exercice…chapeau !
    Il faut savoir « vulgariser » le sujet, ce que tu fais parfaitement, capter l’intérêt des enfants…c’est réussi !
    Tu es une maitresse, mais d’abord une femme responsable face à des « petits d’hommes » à qui tu transmets LA connaissance.
    Je suis sûr qu’ils te respectent, car tu les considères et c’est bien là l’essentiel.

  6. Oui, bien sur, mais malheureusement, tous ne le font pas, et certains traumatisent leurs gosses avec leurs idées d’un autre siècle sur le sujet.

  7. clementine

    moi aussi,jeudi,j’ai abordé ce thème avec les cm2 comme tous les ans d’ailleurs.Le plus,c’est que je suis infirmière en ZEP « violence »et que j’interviens avec l’enseignante à partir d’un support vidéo en 3 séances (les garçons,les filles,puis la puberté,et enfin les relations amoureuses,l’accouchement,le bébé…..) ,et c’est vrai que cela les passionne.Au début,ça ricane et puis quand ils voient que toutes les questions sont permises sans tabou,ça fuse….Il est important de donner les bons mots ,d’expliquer comment ça marche .et pourquoi ça ne marche pas parfois et surtout de dire la place de la tendresse et de l’amour.Alors,oui il y a des questions dérangeantes,c’est pourquoi le fait que je sois « extérieure » à l’école même s’ils m’y voient régulièrement facilitent les questions et les réponses même si la maîtresse est là et intervient aussi.On a mis en place une boîte à questions « anonymes »entre chaque séquence auxquelles je réponds la fois suivante pour ceux qui n’osent pas devant les autres la poser.(comment les homo font l’amour,pourquoi les filles elles crient qd elles font l’amour,les films porno,la masturbation ,est-ce qu’on peut-être enceinte sans relation sexuelle avec les éprouvettes?),et on aborde aussi les gênes,les chromosomes,l’arbre généalogique,l’adoption,les familles recomposées,les mamans seules(il y a eu un homme forcément (et alors là,cela questionne qd on ne connait pas son père! ) .Ce sujet est une mine d’or et ils en redemandent.Les enseignants reprennent le sujet en classe pour reprendre et évaluer ce qui a été compris ou pas .Les parents sont contents aussi (on n’ose pas ,on ne sait pas comment en parler )et le dialogue se fait à la maison,il y a des parents qui nous disent avoir appris des choses avec leur enfant.Et cette année,on ira à l’expo « zizi sexuel » à la cité des sciences de Paris pour compléter le sujet .

  8. Je trouve ça très bien d’oser aborder ces thèmes… Car petite, je croyais que le bébé sortait par le même trou que celui ou sort le pipi😉 …
    Ne vous inquietez pas, maintenant je sais très bien quoi rentre où et quoi sort où
    =D

  9. snoop

    Il est important d’utiliser un langage symbolique pour parler de sexualité aux enfants, c’est ce qui leur permet de se construire et de construire les fantasmes.
    Il est dangereux de donner la sexualité (explicite) trop tôt aux enfants, ça inhibe toute curiosité sexuelle et partant toute curiosité intellectuelle.
    Par ailleurs l’enseignant doit rester dans une position d’enseignant et ne doit surtout pas assumer des tâches d’éducation incombant à la famille.
    Allez-y les bonnes âmes, vous pouvez me lyncher.

  10. petitemaikress

    Snoop : Pas de lynchage de ma part, en théorie je suis d’accord avec toi !!!
    Mais malheureusement ils ont vu et entendu déjà beaucoup trop de choses pour leur âge (Pourquoi dans un film y’avait une femme qui tirait sur le pénis d’un monsieur ?)
    – je voudrais bien ne pas assumer les tâches d’éducation mais que faire quand les familles n’assurent pas ?
    -je pense pas que ce soit trop tôt, j’ai choisi de mettre ce chapitre au moment j’ai remarqué que les gamins commençaient à s’intéresser d’eux-mêmes au sujet (je ne l’aurais peut-être pas fait dans une classe que j’aurais senti globalement moins mâture)

  11. isabeille

    J’adore ton blog, ta façon de raconter, de t’exprimer, de te poser des questions sur toi-même et sur ton métier. J’aurais aimé, je crois, t’avoir comme collègue car tu me ressembles par certains côtés.
    Au sujet de l’éducation sexuelle à l’école et des informations sur la conception, la naissance, je suis tout à fait pour.
    J’enseigne depuis 35 ans en maternelle (section de moyens) et cela fait au moins 25 ans que ce sujet fait partie de mes thèmes de travail en classe.Je me suis équipée de livres,vidéos, documents adaptés aux enfants de maternelle et mes élèves sont toujours très intéressés. Les avis des parents sont partagés. Certains se disent soulagés car ils ne savent comment répondre aux questions (souvent nombreuses à cet âge-là) de leur enfant. D’autres sont choqués , il est vrai,mais je fais toujours une petite réunion avec les parents avant d’aborder le thème en classe. Cela me permet de leur expliquer la façon dont je vais traiter le sujet , de les laisser feuilleter les documents apportés dans la classe et tout le monde est rassuré.
    On peut se demander si les enfants ne sont pas trop jeunes pour aborder ce genre de discussion mais,comme il y a chaque année des mamans enceintes, les enfants me posent toujours des tas de questions. Tout est fonction de leur curiosité, de leurs demandes et de leur intèrêt.
    Excuse-moi pour ce long discours .Toutes mes félicitations et encouragements pour ton blog!

  12. Bonjour a tous, moi je trouve que les cours sur le sexe ne devrait pas avoir lieu au college, que le gamin ou la gamine decouvrent ca par eux même ce serait plus fascinant

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