Précisions

Quand je mets sur ce blog les perles et les réflexions de mes élèves, cela ne veut pas dire que je les approuve. Ou que je ne les corrige pas. Ou que je ne fais pas répéter correctement. Ou que je ne leur dis pas que ces mots ne s’emploient pas à l’école…

Sur le moment, quand je les interroge ou que je corrige leurs cahiers, j’aurai plutôt envie de pleurer… Je préfèrerais bien sûr avoir une classe où tous apprendraient leurs leçons … et où je n’aurais plus rien à mettre sur le blog !

Il ya eu un discours dont j’ai été nourrie à l’IUFM où l’élève devait être « acteur » de ses apprentissages… On en revient mais pour moi cela n’a jamais voulu dire que les gamins devaient apprendre tous seuls, ou que tout devait partir d’eux ! J’essaye simplement sur un sujet donné de les amener à réfléchir sur ce qu’ils savent déjà, les questions qu’ils se posent et ce qu’ils ont encore à apprendre… La plupart des gamins que j’ai cette année ont besoin qu’on leur donne des règles et qu’on leur explique comment les appliquer… Ce qui ne signifie pas qu’il faut exclure des programmes tout ce qui viserait à les faire réfléchir !!! Mais souvent seuls les gamins futés, qui ont déjà beaucoup vu, lu et appris ont les connaissances nécessaires pour induire eux-mêmes des règles, pour mener une réflexion constructive. J’essaye pendant les cours de morale de leur faire faire un peu de « philo »… mais comment mener une réflexion sans s’appuyer sur des expériences vécues (ils ne sont jamais sortis de leurs blocs) ou des lectures…

Je ne sais pas quelle image de ce qui se passe dans les classes ont ceux qui n’y sont pas ? Je ne pense pas que les blogs de profs en soient vraiment un bon reflet car on y voit les bêtises des élèves, les problèmes ou les projets spectaculaires plus que la routine « laborieuse » de tous les jours…

J’essaye de proposer des activités, des supports, des projets différents pour motiver les élèves, mais on en revient toujours à l’apprentissage, aux exercices et à l’effort. Ma classe n’est pas un champ de foire où les élèves feraient ce qu’ils voudraient : mes élèves doivent apprendre du par coeur, ils n’ont pas le droit de venir sans leurs devoirs, en retard ou sans leurs affaires, ils n’ont pas le droit de parler ou de se lever quand ça leur chante, ils copient des leçons, ils font des exercices d’entraînement et des dictées. Ils doivent dire bonjour, svp et merci, ils n’ont pas le droit de contester les notes ou l’emploi du temps…

Quand les élèves ne le font pas, ils doivent recommencer, recopier, refaire, ils sont grondés, punis, sermonnés, je préviens et rencontre les parents … Ça fonctionne souvent même si ça demande de ma part une énergie considérable de faire ainsi en permanence le « gendarme ».

Mais que faire quand tout cela a été fait et que le gamin n’apprend toujours aucune leçon ? qu’il arrive toujours en retard ? qu’il jure toujours comme un charetier ? que les parents vous disent que de toute façon ils ont abandonné parce qu’ils ne s’en sortent plus avec leur gamin ?

10 Commentaires

Classé dans Non classé

10 réponses à “Précisions

  1. OUhlà, ça sent la tristesse et même la déception un tel message. Qu’est-ce qu’il s’est passé ? Des critiques, des messages mal intentionnés, des incompréhensions massives ?
    En tout cas, puisque l’heure semble être aux précisions, je précise alors que je n’ai jamais douté de la capacité d’une ptite maikresse comme vous de mettre des règles et de faire le gendarme, même à contre-coeur. J’imagine que ça doit être éprouvant, épuisant, même, parce que ce n’est pas la partie la plus enrichissante du métier. Et c’est pourtant tellement indispensable.
    En pédopsy, je vois tellement d’enfants qui manquent de règles, de limites, tant de parents défaillants ou dépassés, tant de situations familiales et sociales dont on se demande comment ils vont faire pour s’en sortir… que je peux comprendre vos questions. Et les moments de découragement, aussi.
    Mais votre blog le montre, vous savez capter les rayons de soleil même quand autour rien ne va, et j’espère que vous saurez aussi retrouver le sourire et nous le faire partager, tout en continuant à faire votre part d’éducation auprès de ces enfants, tant bien que mal !
    Bon courage ptite maikresse🙂

  2. Je m’imagine ton profil tel que tu le décris et je persiste à dire qu’ils ont de la chance, même si chance veut aussi dire se faire « engueuler »…
    Le plus éprouvant c’est sans doute de constater que les efforts déployés ne sont pas relayés par les parents ! ( IL NE FALLAIT PAS LE FAIRE… )
    Scandaleux cette démission gratuite, se disant sans doute…(La société va le faire à ma place…) NON !

  3. Mariea

    Je suis d’accord avec Marie (entre Maries, on ne peut qu’être d’accord !). Mes classes de CM2 (depuis… 16 ans !) ressemblent diablement à la vôtre, et je retrouve dans vos écrits ce regard espiègle qui fait que, précisément, et malgré les difficultés récurrentes du quotidien, on tient le coup !!!
    Allez, hauts les coeurs et hardi petit(e) !
    Et longue vie à ce blogue et à sa créatrice !

  4. dan

    pôur tenter de répondre à ta question…tu continues encore et encore en te disant que si cela ne sert pas pour ce gamin cela servira peut etre pour un autre…
    si vous avez un coup de mou p’tite maîkresse, courage !!!
    que le force soit avec toi jeune padawan

  5. Kati

    Eh ben moi, de lire ça… ça me fait plaisir! Je me dis qu’il y a quand même des p’tites jeunes qui ont un bon et bel esprit d’ instit’, je ne me sens plus toute seule sur mon île déserte de vieille maîkresse (… enfin, pas si vieille que ça tout de même!!!).
    Je travaille dans un milieu dit « favorisé » et bien sûr, je ne rencontre pas des problèmes de comportement identiques aux tiens (quoique….) mais il y en a d’autres, sérieux et douloureux: des problèmes familiaux, psychologiques, intellectuels… parfois aussi, je me sens démunie. Et c’est vrai que des blogs comme le tien, ça permet de se « rencontrer » pour se soutenir, ça fait du bien: à ceux qui les lisent et, je pense, à ceux qui les écrivent.
    PS: Un bouquin pas mal qui remet de l’espoir au coeur avec une touche d’humour (même si on ne peut pas toujours faire suivre ce parcours médical à nos élèves en difficultéSS)=> « Même pas grave » du professeur Olivier Revol

  6. « que faire ? » je ne sais pas, je ne suis qu’une mère. J’avais demandé l’avis d’une psy scolaire sur le désordre autour du scolaire, au collège, le fait qu’un enfant oublie toujours quelque chose de son matériel, oublie de noter, ne classe pas ses feuilles, etc. Rien de méchant dans le comportement juste un état de « coolitude » dépassé. Et elle m’a répondu : y’a aucun miracle, il faut, il faudra toujours être là, à ses côtés, le cadrer, resserrer un peu le cadre quand ça flanche, laisser un peu de mou quand ça va mieux. Recadrer ça veut dire être exigeante : travailler assis, recopier un travail trop sale, refaire une prise de note illisible, etc… Exiger de voir les cahiers, classeurs. ça prend du temps, c’est pas très gratifiant. Voire faire un système entre parent et prof où on contresigne l’agenda … ou que les parents aillent consulter le cahier de classe (encore jamais fait mais c’est une possibilité pas franchement conseillée mais existante)

    Tout ça pour être juste dans la moyenne. Et tenter que tout ceci se fasse dans la bonne humeur, que ça ne pourrisse pas la vie. Pour l’instant j’y arrive. Je me dis qu’on ne peut pas « tout changer » pour quelqu’un, des fois ça doit arriver, un « miracle » semble se produire, peut être aussi que c’est parce que l’enfant n’a jamais été ‘laché’, par les parents, par l’école, et qu’un jour il a enfin mieux compris, il admet qu’il doit se « conformer », … BON courage à toi !!!

  7. petitemaikress

    Merci à tous de vos encouragements, c’est vrai que parfois on se sent bien seul et impuissant face à une classe !

  8. Nous avons toujours un élève dans nos classes, pour lequel nous déployons le maximum (rencontres régulières avec les parents, fermeté, compréhension, aide, soutien…)et pour lesquels rien ne semble efficace. Je pense que même si nous ne récoltons rien pendant notre année avec eux, ce que nous aurons fait leur sera toujours utile à un moment ou à un autre.

  9. petitemaikress

    Un seul élève… j’en rêve… que faire quand c’est la moitié de la classe ???

  10. C’est la dure loi de notre boulot…des moments de découragement énormes. Les élèves dont tu parles arrivent au collège et on est face à la même impuissance. Ils sont de plus en plus nombreux dans ce cas, en plus…

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s