Enzo

J’ai reçu ce texte par mail, de la part d’une collègue. Je ne sais pas qui en est l’auteur.

Il est polémique et exagéré (enfin j’espère), mais il fait réfléchir. Mon blog n’est pas politique, mais quand je vois que, dans mon école, pas une seule collègue ne parle des changements opérés dans l’éducation, et que je suis la seule à faire grève, ça me donne envie de dire : « Eh oh réveillez vous ! »

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Enzo est assis à sa place, parmi ses 32 camarades de CP. Il porte la vieille blouse de son frère, éculée, tâchée, un peu grande. Celle de Jean-Emilien, au premier rang, est toute neuve et porte le logo d’une grande marque.

La maîtresse parle, mais il a du mal à l’entendre, du fond de la classe. Trop de bruit. La maîtresse est une remplaçante, une dame en retraite qui vient remplacer leur maîtresse en congés maternité. Il ne se souvient as plus de son nom qu’elle ne se souvient du sien. Sa maîtresse a fait la rentrée, il y a trois semaines, puis est partie en congés. La vieille dame de 65 ans est là depuis lundi, elle est un peu sourde, mais gentille. Plus gentille que l’intérimaire avant elle. Il sentait le vin et criait fort. Puis il expliquait mal.

Du coup Enzo ne comprend pas bien pourquoi B et A font BA, mais pas dans BANC ni dans BAIE ; ni la soustraction ; ni pourquoi il doit connaître toutes les dates des croisades. On l’a mis sur la liste des élèves en difficulté, car il a raté sa première évaluation. Il devra rester de 12 à 12h30 pour le soutien. Sans doute aussi aux vacances. Hier, il avait du mal à écouter la vieille dame, pendant le soutien ; son ventre gargouillait. Quand il est arrivé à la cantine, il ne restait que du pain. Il l’a mangé sous le préau avec ceux dont les parents ne peuvent déjà plus payer la cantine.

Il a commencé l’école l’an dernier, à 5 ans. L’école maternelle n’est plus obligatoire, c’est un choix des mairies, et la mairie de son village ne pouvait pas payer pour maintenir une école. Son cousin Brice a eu plus de chance : il est allé à l’école à 3 ans, mais ses parents ont dû payer. La sieste, l’accueil et le goûter n’existent plus, place à la morale, à l’alphabet ; il faut vouvoyer les adultes, obéir, ne pas parler et apprendre à se débrouiller seul pour les habits et les toilettes : pas assez de personnel. Les enseignants, mal payés par la commune, gèrent leurs quarante élèves chacun comme une garderie. L’école privée en face a une vraie maternelle, mais seuls les riches y ont accès.

Mais Brice a moins de mal, malgré tout, à comprendre les règles de l’école et ses leçons de CP. En plus, le soir il va à des cours particuliers, car ses parents ne peuvent pas l’aider pour les devoirs, ils font trop d’heures supplémentaires. Mais Enzo a toujours plus de chance que son voisin Kévin : il doit se lever plus tôt et livrer les journaux avant de venir à l’école, pour aider son grand-père, qui n’a presque pas de retraite.

Enzo est au fond de la classe. La chaise à côté de lui est vide. Son ami Saïd est parti, son père a été expulsé le lendemain du jour où le directeur (un gendarme en retraite choisi par le maire) a rentré le dossier de Saïd dans Base Élèves. Il ne reviendra jamais. Enzo n’oubliera jamais son ami pleurant dans le fourgon de la police, à côté de son père menotté. Il parait qu’il n’avait pas de papiers… Enzo fait très attention : chaque matin il met du papier dans son cartable, dans le sac de sa maman et dans celui de son frère.

Du fond, Enzo ne voit pas bien le tableau. Il est trop loin, et il a besoin de lunettes. Mais les lunettes ne sont plus remboursées. Il faut payer l’assurance, et ses parents n’ont pas les moyens.

L’an prochain Enzo devra prendre le bus pour aller à l’école. Il devra se lever plus tôt. Et rentrer plus tard. L’EPEP (établissements publics d’enseignement primaire**)** qui gère son école a décidé de regrouper les CP dans le village voisin, pour économiser un poste d’enseignant. Ils seront 36 par classe. Que des garçons. Les filles sont dans une autre école.

Enzo se demande si après le CM2 il ira au collège ou, comme son grand frère Théo, en centre de préformation professionnelle. Peut-être que les cours en atelier seront moins ennuyeux que toutes ces leçons à apprendre par cœur. Mais sa mère dit qu’il n’y a plus de travail, que ça ne sert à rien. Le père d’Enzo a dû aller travailler en Roumanie, l’usine est partie là-bas. Il ne l’a pas vu depuis des mois. La délocalisation, ça s’appelle, à cause de la mondialisation. Pourtant la vieille dame disait hier que c’est très bien, la mondialisation, que ça apportait la richesse. Ils sont fous, ces Roumains !

Il lui tarde la récréation. Il retrouvera Cathy, la jeune sœur de maman. Elle fait sa deuxième année de stage pour être maîtresse dans l’école, dans la classe de monsieur Luc. Il remplace monsieur Jacques, qui a été renvoyé, car il avait fait grève. On dit que c’était un syndicaliste qui faisait de la pédagogie. Il y avait aussi madame Paulette en CP ; elle apprenait à lire aux enfants avec des vrais livres ; un inspecteur venait régulièrement la gronder ; elle a fini par démissionner.

Cathy a les yeux cernés : le soir elle est serveuse dans un café, car sa formation n’est pas payée. Elle dit : « A 28 ans et un bac +5, servir des bières le soir et faire la classe la journée, c’est épuisant. » Surtout qu’elle dort dans le salon chez Enzo, elle n’a pas assez d’argent pour se payer un loyer.

Après la récréation, il y a le cours de religion et de morale, avec l’abbé Georges. Il faut lui réciter la vie de Jeanne d’Arc et les dix commandements par cœur. C’est lui qui organise le voyage scolaire à Lourdes, à Pâques. Sauf pour ceux qui seront convoqués pour le soutien…

Enzo se demande pourquoi il est là. Pourquoi Saïd a dû partir. Pourquoi Cathy et sa mère pleurent la nuit. Pourquoi et comment les usines s’en vont en emportant le travail. Pourquoi ils sont si nombreux en classe. Pourquoi il n’a pas une maîtresse toute l’année. Pourquoi il devra prendre
le bus. Pourquoi il passe ses vacances à faire des stages. Pourquoi on le punit ainsi.POurquoi il n’a pas de lunettes. Pourquoi il a faim.

Projection basée sur les textes actuels, les expérimentations en cours et les annonces du gouvernement.

17 Commentaires

Classé dans Vie de classe

17 réponses à “Enzo

  1. ça fait effectivement froid dans le dos… Par contre, ce qui est illusoire, c’est l’orientation en filiaires professionnelles : ce n’est plus du tout au goût du jour (alors qu’il y a du boulot à la sortie pour le secteur industriel !) car les principaux des collèges ont pour ordre d’envoyer 80 % des 3ème en seconde…

  2. ça fait froid dans le dos, et pourtant ça ne parait pas si irréaliste que ça…
    heureusement que les gouvernements changent, les ministres aussi, et surtout qu’il reste des profs pour s’élever contre tout ça…
    espérons…

  3. écrit par une personne qui a signé la pétition de Prost, l’historien de l’éducation pas l’autre, pour la sauvegarde de l’école publique.

  4. Bonjour

    comme disait Talleyrand, « tout ce qui est exagéré est insignifiant ». Je trouve que ce texte, intéressant certes, abuse du misérabilisme. Le coup du petit garçon qui à 5 ans doit livrer des journaux le matin avant l’école par exemple…
    De même, par exemple, je ne vois pas vraiment où est le problème dans l’apprentissage des voyelles ou du vouvoiement des adultes. Les cours de morale n’ont de même pas tué ma grand-mère. L’absence de mixité non plus. En tant que fille, en tant qu’animatrice de camps de vacances, j’ai toujours remarqué que les enfants voulaient rester entre filles ou entre garçons… la mixité, la belle affaire ! c’est une utopie d’adultes, une aberration en matière d’éducation des enfants (je ne parle pas du lycée, où là, à la limite, pourquoi pas).

    De même, la mise en « formation professionnelle » après le CM2, ça existe déjà (en allemagne, où seule une frange des élèves vont dans le secondaire classique, les autres allant dans des filières professionnelles), et ça ne tue personne. Au contraire, il me semble que tout le monde chante les vertus du système allemand… il n’y aurait pas là un truc qui coince ?😉

    De même, j’ai de très mauvais souvenir du CP où l’on pratiquait la méthode globale sur des fiches de lecture (pas de livres, c’était pas assez ‘in’) tandis que l’on punissait les élèves qui savaient déjà lire (moi, en l’occurence). Comme quoi, je ne crois pas vraiment qu’il y ait des « évolutions dramatiques » en cours. Des dysfonctionnements, des aberrations, il y en a toujours eu.

    Voilà quelques petites réflexions, je comprends qu’on puisse parfois s’inquiéter mais de là à produire un tel texte, quand même ! c’est la meilleure méthode pour ridiculiser les profs et leurs revendications. Je pense que nous avons d’autres ressources pour argumenter.

    bien cordialement

  5. Hello Camille

    Pour travailler régulièrement avec des enseignants allemands, je constate non moins régulièrement que leur système éducatif, en de nombreux endroits (autonomie des Länder oblige) tombe en quenouille : locaux insalubres, absence quasi-totale d’investissements, niveau de violence très supérieur à celui des écoles françaises, comportement général des élèves vraiment surprenant…
    Les filières qui faisaient la part belle à l’apprentissage sont en panne, les places d’apprentis ayant été supprimées dans nombre d’entreprises au nom de la sacro-sainte rentabilité à court terme.

    Dans la plupart des projets franco-allemand auxquels j’ai participé ces derniers temps, les financements proviennent massivement du côté français.

    Plus généralement, le côté caricatural de ce texte ne doit pas faire oublier qu’une société qui cesse d’investir dans sa jeunesse n’a plus d’avenir.

  6. Pierre :

    Entièrement d’accord avec vous.

    à propos du délabrement général de l’enseignement (je ne veux pas tomber dans la caricature des « méchants profs », parce que je m’apprête à être prof moi-même): j’accompagnais ma mère à son lycée (censé être un des lycées bien d’Aix en Provence), j’ai été effarée de l’état catastrophique des lieux… et par l’ambiance peu conviviale qui y régnait (doux euphémisme…). Je suis d’ailleurs loin de penser que le système allemand soit un bon système, pour avoir vécu un temps en Allemagne en seconde.

    Que la FRance cesse d’investir dans la jeunesse est un fait qui n’est pas neuf, mais c’est quelque chose d’assez général dans les sociétés occidentales en ce moment, me semble-t-il. Après, de là à dire que d’ici peu à cause du méchant Sarko les enfants de 5 ans vont retourner à l’usine…
    Cela n’enlève rien au « devoir de revendication » des enseignants en général. Je discutais hier avec un illustre professeur d’histoire venu des Etats-unis qui me décrivait le système à deux vitesse qui fait des ravages là-bas. Cela n’est évidemment pas acceptable.

  7. Anna

    Bonjour Camille,
    je n’ai pas bien saisi le sens de tes propos sur la mixité.

    Pourquoi « la mixité est une abberation »? La tolérance, la découverte et le respect de l’Autre et de ses différences, c’est pas le but de l’éducation justement????

    Pourquoi l’usage de l’expression « en tant que fille »?
    Il y a une façon de penser, de réfléchir, d’éduquer « Fille », différente du sexe opposé???

    Et même si  » les enfants ont toujours voulu rester entre filles ou entre garçons » (ce que je mets en doute sérieusement), pourquoi on devrait le faire?
    « Maîtresse, aujourd’hui, je veux pas rester avec les Noirs, les filles, les pauvres et les moches ».
    « D’accord, mon petit chéri, tu iras dans la classe des garçons riches, beaux et pas trop bronzés »

    L’école entre filles ou entre garçons, bonjour l’angoisse oui!

  8. Billy

    Ce texte est d’un ridicule achevé, c’est typiquement une argumentation qui ne convaincra que les déjà convaincus… Pas moi, donc. Comme Camille, je ne vois pas le problème dans le vouvoiement des adultes : j’exige d’être vouvoyée en primaire, et je vouvoie les élèves moi-même dès qu’ils sont en sixième (je travaille dans une école et dans un collège). Curieusement, je suis beaucoup mieux respectée que mes collègues qui se font tutoyer, et les jeunes collégiens apprécient considérablement d’être vouvoyés, une fois la surprise passée.

    Ce texte est le contraire de la politique : c’est de la guimauve. Penser que ceci est politique montre précisément que vous vous contentez de répéter la doxa ambiante.

    Je pourrais écrire le même texte avec Enzo victime des dérives de l’Education nationale depuis les années 1970 « Enzo est en sixième. Il ne comprend pas pourquoi il ne sait toujours pas lire sans buter sur chaque mot. Ses parents lui parlent de choses étranges pour l’aider à faire ses devoirs de maths, comme « produit en croix ». Il ne comprend pas la surprise de ses parents quand il dit qu’il n’a jamais entendu ces expressions », etc. etc.).
    Mais je ne le ferai pas : tout est déjà écrit dans « La Débâcle de l’école », un excellent bouquin collectif coordonné par Liliane Lurçat et Laurent Lafforgue. Je vous le recommande chaudement.

    PS : le coup de l’abbé Georges, hilarant !!! Monument d’ignorance de la part de quelqu’un qui n’a jamais vu un abbé de près ni de loin, et qui a encore moins eu l’occasion de parler avec des prêtres. J’en ris encore !

  9. Billy

    Pour aggraver mon cas, je soutiendrais Camille dans ses doutes quant à la pertinence de la mixité filles-garçons (ce qui n’empêche certainement pas la mixité sociale comme le fait remarquer Anna, qui ne voit pas qu’entre filles et garçons il existe une différence FONDAMENTALE qui AU CONTRAIRE n’existe pas entre un riche et un pauvre, entre un blanc et un noir, etc.).
    Les enfants ont besoin de sécurité pour se construire pendant leur très jeune âge, or la mixité filles-garçons ne fait que renforcer une profonde insécurité affective pour certains, en instaurant des rivalités malvenues, des brimades, des comportements problématiques qu’on n’aurait pas à régler dans une école non mixte.

  10. Anna

    Mais biensûr Billy,
    Les relations « filles – garçons », c’est très difficile!
    D’ailleurs, ça reste vrai une fois adulte.
    Et si on supprimait la mixité dans le monde du travail?
    c’est vrai ça, ce serait sympa des entreprises avec que des filles et aussi des boulangeries rien que pour les filles?
    Ou alors, on se rend compte que ces difficultés viennent peut être d’un problème d’éducation et que ça fait partie de notre boulot d’encourager des relations moins problématiques.

  11. Billy

    Non, car je suis partisane de la mixité dans le secondaire. Pourquoi voulez-vous me faire tenir des propos que je n’ai jamais suggérés ? Je vous parle de non mixité dans le primaire, vous me répondez ségrégation sexuelle dans le monde du travail. Il faut se demander qui a des tendances extrémistes, ici…

  12. Agaetis

    Sans vouloir nourrir le troll, j’aurais certainement eu droit à une primaire encore plus cruelle si je n’avais été entourée que de filles….Je ne vois pas vraiment en quoi la mixité fille/garçon au primaire poserait un problème. Cela n’est-il pas censé nous rapprocher et nous apprendre à nous connaître?

  13. Je n’ai même pas réussi à lire jusqu’au bout tant je trouve cette narration phophétique outrancière !C’est la description d’un pays miné par la guerre civile ou quelquechose de ce genre …

  14. camille

    Anna,

    comme l’a dit Billy, je pense que oui, il y a une différence fondamentale entre filles et garçons. Oui, nous réfléchissons différemment, à mon sens. Par exemple, très bêtement : pour se faire respecter, une prof femme n’a pas du tout les mêmes techniques qu’un prof homme. C’est idiot mais c’est comme ça.
    Si après vous me faites dire ce que je n’ai pas dit (précisément, relisez, j’ai dit que cela ne concernait que les jeunes enfants, je n’ai absolument pas parlé de ségrégation dans le secondaire ou dans la vie et le monde du travail !), et si vous refusez de voir que oui, cette différence homme-femme existe, après…

    l’argument ‘la mixité ouvre aux autres » ne tient pas. D’abord parce que vous n’allez pas me faire croire que hors de l’école, petites filles et petits garçons n’ont jamais l’occasion de rencontrer leurs semblables. L’école n’a peut être pas un rôle fondamental là dedans. ça fait partie de ses attributions mais l’école, c’est là qu’on apprend à lire, tout ça. Avant tout.
    La mixité, c’est, à mon sens, surtout bon à faire pavoiser les garçons et minauder les filles les uns devant les autres. Observez une cour de récré : rares exceptions mis à part, jouent-ils vraiment ensemble ?

    Il est vrai que j’ai surtout travaillé avec des petits garçons dont le comportement est bien plus apaisé quand ils sont « entre eux » (= pas emmerdés par les filles, écoutez-les, ils le disent eux-mêmes). En gros, ils sont bien plus concentrés, bien plus eux-mêmes.
    De mon côté, je crois avoir bien plus souffert des caïds de récré puis de l’obsession des collégiennes du « avec qui tu sors », puis « avec qui tu couches », que lors des camps de vacances non mixtes que j’ai pu effectuer. Après, nul système n’est parfait hein…

    Si mon commentaire est assimilé à du trollage (ce qui n’est pas mon intention), la maîtresse de céans voudra bien l’effacer, je ne veux qu’exposer mon point de vue sans créer de polémique inutile.

    bien cordialement.

  15. Ptite maikresse, au risque de paraître bisounours, moi je l’aime bien ce petit texte🙂 Parce qu’au delà des critiques que l’on peut en faire, il permet de se poser des questions. Sur ce qui existe déjà, sur ce qui pourrait exister, sans qu’on y fasse attention. Sur les petits Enzo qui pensent beaucoup sans en dire la moitié, sur les étudiantes crevées et les classes qui ferment.
    Pas de quoi faire de la politique avec un grand P, pas de quoi faire de grandes batailles syndicalistes basées sur ce seul texte.
    Juste quelques questions et une envie de regarder d’un peu plus près où on en est, aujourd’hui, voire de se mettre à la place d’un garçon de 5 ans, pour voir🙂

  16. merci de diffuser et de commenter ce texte, qui n’est pas sans défaut🙂
    c’est de ça dont l’école à besoin : de débats sur son avenir, noir pour moi.

    l’auteur d’Enzo

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