La journée ordinaire de A.

Il a menacé un collègue de lui envoyer son frère pour qu’il lui tire dessus. Effectivement, l’instit l’avait interrompu lors d’une partie de petit pont massacreur* où il donnait des coups de pied à un camarade à terre.

Il a ensuite été viré du cours de morale** qu’il passait à imiter le cri de différents animaux.

A 13h20, avec 6 autres élèves, il a bousculé une enseignante. Ils voulaient rentrer dans l’école, et l’instit leur barrait le passage en attendant la sonnerie ! Il l’a traité de menteuse quand elle me relatait l’incident.

Puis il a refusé de faire son évaluation et a balancé son cahier par terre.

Enfin, il s’est sauvé à 16h15 alors qu’il devait aller en aide personnalisée.

Que fait-on dans ces cas là ? J’ai appelé son père qui s’est contenté d’un « Ah oui ?  » et il va passer les récrés de la semaine dans la cour du CP/CE1. Trop dur, non ? Malheureusement en primaire on ne peut pas faire grand chose de plus !

* Bon vieux jeu de la tomate, sauf que celui qui laisse passer la balle est roué de coups par tous les autres… Un jeu dangeureux bien évidemment interdit dans l’école.

** Petit rappel, je suis en Alsace.

15 Commentaires

Classé dans Vie de classe

15 réponses à “La journée ordinaire de A.

  1. Atmosphère quand tu nous tiens.
    Histoire déjantée banale d’un minot qui a une voie toute tracée.

  2. Oui, histoire tristement banale, même si nous, heureusement, on ne s’y habitue pas.

    La question est toujours la même : que peut-on faire de plus?
    Que peut-on faire?

    Et ceux qui nous parlent de la perte de l’autorité dans les écoles… Donnez -nous les moyens d’agir! Ces petits sont en danger!

  3. C’est triste, très triste.

  4. Déjà ? Dès le primaire ? Et on parle encore d’égalité des chances !

  5. Hubert Camus

    C’est une honte… une ignominie. Si jeune et déjà ainsi. C’est à vous en dégouter du plus beau métier du monde -bien maltraité, ces derniers temps.
    Que peut-on faire ? Malheureusement, l’Education nationale ne peut pas faire grand-chose. Le problème vient de l’éducation tout court. Quand on voit des parents si absents, si indifférents à ce que font leurs enfants, on est en droit de se demander où l’on va. Ma mère est professeure en lycée professionnel à Paris, et on y peut retrouver les mêmes scènes (à la différence que ceux-là n’ont pas besoin de leur « grand frère » et peuvent passer à l’attaque de suite).
    Que de choses à faire, dans notre société !
    Rousseau parlait en son temps de la faculté de se perfectionner en l’homme (l’espèce et l’individu). Notre siècle débutant se lamente de voir la faculté que nous avons à nous porter nous-mêmes à notre propre déchéance.
    Courage à tous ceux qui exercent le beau métier de professeur…

  6. Hélas !
    Et des enfants de cet acabit, nous en voyons arriver de plus en plus souvent en 6°, où nous ne pouvons pas faire grand chose non plus : explication, leçon de morale, punition, retenue, convocation des parents (quand ils viennent…), exclusion d’un jour, fiche de suivi, exclusion de trois jours, d’une semaine, commission de mise en garde… tiens ? c’est la fin de l’année et rien n’a changé…

  7. Nadine

    Nous sommes effectivement bien impuissants face à ça !
    Et là encore, le père n’est ni opposant ni agressif et ne soutient pas l’enfant … mais n’est pas efficace du tout !!!
    En secondaire non plus, il n’y a guère de solution, les parents autorisent les enfants à ne pas faire les puntiions et à ne pas venir aux heures de colle !!! Quant aux conseils de discipline et exclusions d’un cours ou de quelques jours, certains proviseurs n’en veulent pas …

  8. Avec le temps on apprend à se contenter de lever les yeux au ciel et de s’occuper de ceux qui le méritent…
    Mais au bout de 5 ans je suis toujours touchée par ce genre de choses…
    Courage!

  9. et de s’occuper de ceux qui le méritent…

    …c’est pas une connerie?

  10. petitemaikress

    C’est tout ce que je demande Pondy… encore faut-il en avoir le temps !

  11. Non non je réagissait à Sifi, en fait sur le coup ça m’as un peu choqué de lire « on en sacrifie un pour pouvoir continuer avec les autres » j’ai connus des prf comme ça, parce qu’on arrive pas a comprendre totu de suite ben z’ont pas envie de s’attarder, mais je conçoit bien qu’il faut quadn meme que es autres avance, et mettre A. en truc genre segpa ça va pas l’aider scolairement de mettre les même « cas » dans le meme sac, ça va pas les avancer à grand chose non plus ;-(

    c’est à l’éducation nationale de se bouger le popotin d’aller taper sur les doigt des parents eet non à ceux et celles qui sont entre les deux ^^

  12. alphabet

    @Pondy : là, je ne comprends pas ? Il faut donc sacrifier tous les autres élèves, ceux et celles qui (tentent) de bosser, ceux et celles qui ont des parents qui font leur boulot, et qui, après une journée de boulot, passent leur soirée à expliquer parce qu’il y a trop de problèmes de discipline dans la classe pour pouvoir faire des cours normalement (je n’implique pas l’instite, là, mais plutôt les gamins comme A) ? Pour « sauver » un gamin, il faut donc SACRIFIER tous les autres, c’est ça ? Bravo, bonne logique, c’est grâce à ce genre de raisonnement que ma fille est dans un privé où les A. et ses potes sont virés au bout d’un ou deux mois, et où elle peut bosser sans être SACRIFIEE par le nivellement par le bas.
    A. n’a rien à faire à l’école, il a besoin d’être éduqué à vivre en société, avant tout. Et si les parents ne font pas leur boulot, ben on le confie à des éducateurs-trices spécialisé-e-s, dont c’est le métier, en internat. Et après, il pourra apprendre tout court…..
    Et pour les bonnes âmes compatissantes, imaginez que vous soyez le parent d’un des 20 autres gosses qui reviennent tous les soirs découragés, voire frappés, et qui n’a plus confiance dans l’école, et dont l’avenir est foutu …

  13. Alphabet, je globalisait.

    j’ai toujours entendus dire l’education avant tout (non c’est pas ça mais j’ai un blanc :/)

    après je pense que c’est un dilemne, mais comme le dit Sifi c’est une banalité qui m’interpelle

    après que le prof ignore totalement le perturbateur c’est une chose mais ses éleves vont pas forcément en faire de même

    j’ai eu l’effet contraire, nivellement par le haut, ceux qui comprenais pas ben tant pis pour eux on as pas de temps à perdre, et pourtant j’ai toujours été sage ^^

    mais sur le reste de la ligné je suis ok avec toi lol

  14. gaëlle

    A trop vouloir être dans l’empathie pour ceux qui ont des problèmes, on ne leur rend pas service parce qu’ils persistent dans leur comportement sans jamais se remettre en questions, accusant , les autres, la société, l’école…….
    L’entourage s’épuise, compatis, s’épuise, et parfois sombre avec eux parce qu’ils n’ont plus le courage d’avancer en les tirant… poussant… supportant.
    Il y a un moment ou il faut choisir… et au diable l’empathie pour la survie des autres.
    Désolée… c’est du vécu !!!

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